Et si le secret de la longévité se trouvait dans le vin ? Bonne excuse d'alcoolique ou douce utopie, me direz-vous... Et bien, pas si sûr ! Une étude toute récente d'une équipe de chercheurs strasbourgeois, publiée dans la prestigieuse revue scientifique anglaise "Nature", montre qu'une molécule présente dans le vin rouge aurait, entre autres propriétés bienfaisantes, la capacité d'accroître la longévité.
Le resveratrol - c'est de lui qu'il s'agit ici - est un polyphénol que l'on trouve dans les cacahuètes et la peau du raisin noir ; il se retrouve donc en quantité appréciable dans le vin rouge. Les résultats obtenus par ces recherches établissent comment le resveratrol améliore la dépense énergétique des souris et les protège contre l’obésité, le diabète et les maladies cardiaques.
Les chercheurs ont observé qu’en ajoutant du resveratrol dans l’alimentation des souris, celui-ci avait une action notable au niveau des muscles. En présence de resveratrol, les fibres musculaires consomment beaucoup d’oxygène et provoquent donc une grande dépense énergétique, que ce soit dans une situation d’exercice, au cours de laquelle les souris font preuve d’une endurance surprenante, mais également lors de périodes d’inactivité. Là, les sportifs et les personnes "en surpoids" deviennent attentifs... Les souris soumises à une alimentation riche en graisses et traitées au resveratrol prennent nettement moins de poids que celles qui sont nourries de la même manière mais sans resveratrol. Elles sont plus résistantes à l'effort, vivent plus longtemps et présentent moins de pathologies cardiaques.
Au niveau moléculaire, les chercheurs ont montré que le resveratrol, en agissant sur les mitochondries (de petites "usines" fabriquant de l'énergie dans la cellule et présentes en grand nombre dans les cellules musculaires), favorise la dépense énergétique et donc la diminution de prise de poids, même en cas d'alimentation trop riche. La protéine cellulaire directement concernée par l'action du resveratrol a été identifiée et on sait qu'elle entraîne une activité accrue d’une autre protéine impliquée, elle, dans le fonctionnement optimum de la mitochondrie.
Le resveratrol, en agissant sur les mitochondries, favorise la dépense énergétique et donc la réduction de prise de poids. Et quand on sait que des maladies associées au vieillissement comme l'obésité et le diabète de type 2 sont dues au dysfonctionnement des mitochondries, on comprend qu'une société pharmaceutique associée à cette découverte ait déjà initié un essai clinique sur le diabète à partir de resveratrol "amélioré"...
Le plus extraordinaire, c'est que le resveratrol n'est pas une "spécialité pharmaceutique", donc pas un médicament : son action et ses effets secondaires n'ont jamais été étudiés dans des essais cliniques que l'on sait être drastiques avant toute mise sur le marché. Plus fort encore, le resveratrol est en vente libre sur Internet comme étant un anti-oxydant : des officines spécialisées (comme celle-ci, parmi tant d'autres) vous en proposent à 36 $ (27 €) les 120 capsules de 50 mg. La posologie est de deux gélules par jour, soit 100 mg. "Il n'y a qu'à boire du vin rouge...", me direz-vous. Oui, mais on ne trouve le resveratrol qu'à un taux de 40 mg par litre de vin rouge : un rapide calcul vous indiquera qu'il vous faudrait boire... au moins 2,5 litres de vin par jour pour atteindre la dose recommandée pour bénéficier d'une action bénéfique du resveratrol. Plutôt 8 litres, en fait, si l'on tient compte de différents facteurs pharmacologiques. Au risque bien sûr de développer (entre autres) une cirrhose du foie et qui dit "cirrhose" dit "cancer"... Le remède serait alors pire que le mal ! Plus de place pour la longévité, la performance sportive ou la prévention du diabète et des maladies cardio-vasculaires...
Qui a dit "in vino veritas" ?


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