"Quoi, quarante ans, cette mignonne souris ? Elle ne les fait pas...", me direz-vous. Et vous avez raison de vous étonner : une souris peut vivre 4 ans, guère plus, à moins d'être accro au resvératrol (une substance naturelle que l'on trouve dans le raisin, et donc dans le vin, lire ici) ou de se faire "bricoler" un gène (je vous fait grâce de liens pertinents vers des résultats de recherche...).
Non, celle qui a plus de quarante ans, c'est votre souris, votre "mulot", selon Chirac, ce petit objet plus ou moins élégant longtemps relié à votre ordinateur par un fil et se prélassant sur un tapis éponyme, à côté du clavier de votre ordinateur !
Eh oui, ce "périphérique de pointage", plus connu de tous sous le nom de souris, a été inventé il y a plus de 40 ans maintenant par un certain Douglas Engelbart, un chercheur de l'université Stanford, en Californie. Cet outil a été amélioré par Xerox aux États-Unis (les photocopieurs Xerox, rappelez-vous...) ; par un suisse aussi, en 1979, d'où la fondation de la société suisse Logitech, spécialisée depuis dans l'élevage intensif de souris et dans l'amélioration de l'espèce... Plus d'un milliard de souris produites ! Mais ceux qui en ont démocratisé l'usage, ce sont les deux Steve (Jobs et Wozniak), les fondateurs d'Apple, en en équipant l'ancêtre du Macintosh, un ordinateur appelé Lisa, puis le premier Macintosh, en 1984. Mais ils avaient "piqué" le concept de la "souris-qui-fait-clic", tout comme celui des icônes et des fenêtres, lors d'une visite du centre de recherche de Xerox à Palo Alto... Puis Bill Gates, le papa de Microsoft, s'y est mis, lui aussi, à la sortie de "Fenêtres 3.11" - traduction libre de Windows 3.11 - qui "reprenait" ce que proposait déjà Apple : les fenêtres que l'on ouvre, déplace puis ferme grâce à un pointeur, une petite flèche sur l'écran, guidée par une souris. Une vraie révolution, pour ceux qui ont connu les joies (mais surtout les peines !) de l'informatique avant l'arrivée de ces rongeurs aujourd'hui familiers.
Ma première souris, celle de mon Mac Plus (rigolez pas, les jeunes...) : un seul bouton pour le clic ou le double-clic, et, en-dessous, une boule chargée de détecter les mouvements. Tapis-souris obligatoire...

Très vite, un deuxième bouton est apparu dans le monde PC autorisant le clic droit, puis une molette facilitant le défilement vertical du contenu d'une fenêtre. Apple a longtemps fait de la résistance. "Un seul bouton, c'est tellement plus simple", argumentait Steve Jobs... avant d'y venir aussi, aux deux boutons, mais de manière naturellement plus élégante : pas de boutons apparents, mais des détecteurs réagissant à une légère pression de l'index ou du majeur. C'était la "Mighty mouse" :
La boule mécanique, réputée s'encrasser et se bloquer souvent, a été remplacée par un pointeur optique puis par un laser, plus précis : on pouvait enfin oublier le fameux tapis-souris ! La souris a ensuite perdu son fil la reliant à l'ordinateur : elle est donc devenue "sans fil", à l'heure du Bluetooth et autres transmissions radio FM.
À noter que les lois de l'évolution, non pas naturelle mais technologique, ont mené quelques spécimens de souris à devenir monstrueuses : ce sont celles réservées aux "gamers", les fans de jeux vidéo, comme la "Dominatrix" (ça ne s'invente pas !) d'OCZ, pleine de boutons...
La forme ultime de la souris est sans doute celle de la Magic Mouse d'Apple, au design on ne peut plus épuré :
Plus de boutons, plus de molette de défilement : et pourtant clic gauche, clic droit, défilement vertical et horizontal (et même plus...) sont au rendez-vous.
Sur les ordinateurs portables, le pointeur était animé par un petit "joystick" ou "trackpoint", un minuscule levier coincé entre deux touches du clavier ou bien par une boule (une souris à l'envers, en quelque sorte) flanquée de grandes touches réservées aux clics :
Ces dispositifs peu pratiques ont été rapidement remplacés par une petite surface sensitive, réagissant à l'effleurement des doigts : le fameux "trackpad" que l'on retrouve sur tous les portables aujourd'hui.
Ce "trackpad" s'est depuis peu échappé des portables pour prendre la place de la souris : c'est encore Apple qui a innové en proposant le Magic Trackpad, une surface de verre tactile qui prend en charge les clics ainsi qu'un ensemble complet de gestes !

Un autre périphérique de pointage, moins connu du grand public mais utilisé depuis longtemps par les graphistes et retoucheurs photo par exemple, ressemble à ce trackpad, mais en offrant une surface encore plus grande : la tablette graphique.

Le curseur à l'écran se pilote également par un effleurement du doigt sur la surface tactile, les clics se déclenchent d'un tapotement à un ou deux doigts, le défilement se fait en glissant plusieurs doigts du bas vers le haut, de gauche à droite ou inversement. Un vrai plaisir. Et cerise sur le gâteau : un crayon-stylet permet de dessiner directement à l'écran, dans un logiciel de dessin, par exemple des traits ou des courbes dont l'épaisseur varie en fonction de la pression qu'on exerce sur la surface, ou bien de retoucher des photos comme avec un pinceau, et bien d'autres choses. C'est d'ailleurs une tablette graphique que j'ai choisie pour remplacer ma souris.
Alors, va-t-on assister à une lente extinction de la race des souris (informatiques) après plus de 40 ans de cohabitation ? C'est très probable : il n'y a qu'à voir l'arrivée des tablettes graphiques (on pense bien sûr tout de suite à l'iPad d'Apple) et l'usage facile de ces téléphones que l'on dit "intelligents", les smartphones.
Mais bon, 40 ans pour la souris, c'est plutôt un bail, non ?